Le loup de l’Est, gardien de l’équilibre forestier du parc national de la Mauricie.
Sensibiliser les gens au rôle important que joue le loup de l’Est dans la dynamique des populations et dans le maintien d’une intégrité écologique d’un écosystème
1. Introduction
En mai 2001, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada a désigné le loup de l’Est comme étant une espèce au statut préoccupant. Ce statut désigne « une espèce sauvage ou une population qui peut être menacée ou en danger à cause d’une combinaison de facteurs biologiques et de menaces non identifiées ».
Deux meutes de loups de cette espèce occupent le territoire du parc de la Mauricie au Québec. Lorsqu’elles sont à l’extérieur des 536 km² protégées par le parc, chasse, piégeage et autres activités humaines les dérangent. De plus, à l’intérieur du parc, la présence d’une route panoramique et le grand nombre de visiteurs ont comme impact de les déloger de certains habitats essentiels.
Depuis plusieurs années le parc national de la Mauricie met tout en œuvre pour sauvegarder cette espèce mais pourquoi le loup est-il si important ?
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2. Description du lieu et de l’espèce
2.1 Parc national de la Mauricie
Le parc national de la Mauricie est un parc national du Canada, situé au Québec. Il fut créé en 1970, sa superficie est de 536 km². Ce parc a comme mission de protéger un échantillon représentatif du bouclier canadien. Le parc est recouvert par 93% de forêts. Celles-ci se trouvent à la limite nord des forêts feuillues du Québec. En 2009, trente espèces d’arbres furent répertoriées. Le parc possède 70 espèces de plantes rares ou présentant un intérêt particulier et 440 espèces de plantes vasculaires.
Le parc national possède une faune variée : 50 espèces de mammifères tels que le loup de l’Est, l’orignal, l’ours noir, le cerf de Virginie ou le lièvre d’Amérique mais aussi de nombreux carnivores, rongeurs, chiroptères, insectivores y trouvent refuge. On y retrouve 180 espèces d’oiseaux, dont au moins 81 qui y nichent. D’ailleurs, le plongeon huard, dont 20 couples nichent dans le parc est l’emblème du parc. On peut aussi retrouver 5 espèces de reptiles et 3 espèces de couleuvres, 14 espèces d’amphibiens. (chiffres datant de 2009)
L’accès au territoire du parc se fait à partir de la route Promenade, une route panoramique de 63 km qui traverse le parc et relie les terrains de camping, les belvédères, les départs de sentiers et les aires de pique-nique.
Environ 300 000 personnes visitent le parc chaque année, principalement l’été. De nombreuses activités y sont proposées de mai à octobre. Durant l’hiver le ski de randonnée et la ballade en raquettes attirent aussi des adeptes. Durant cette période, la majorité de la route Promenade est fermée.
2.2 Le loup de l’Est - Canis lycaon
Carnivore de la famille des canidés, on le retrouve en Amérique du Nord. Il a été longtemps considéré comme une sous-espèce du loup gris (Canis lupus) mais des études génétiques ont confirmé qu’il s’agissait bien d’une espèce à part entière.
On le rencontre principalement au Canada entre le sud-est de l’Ontario (Parc provincial Algonquin) et le sud-ouest du Québec. Cette aire de répartition inclut entre autre le Parc national de la Mauricie.
Le loup de l’Est est plus petit et plus maigre que le loup gris ce qui lui confère l’aspect d’un coyote. Il a une peau grisâtre-brune pâle, le dos et le flanc sont couverts de longs poils noirs. Le dos de ses oreilles a une légère couleur rougeâtre.

- Loup de l’Est
- Photo : Parcs Canada
Pour survivre, le loup de l’Est a besoin de grandes forêts de feuillus, de conifères ou mixtes où il peut trouver ses proies pour se nourrir. Son régime alimentaire se compose principalement de cervidés (l’orignal, cerf de Virginie...) mais aussi de plus petits mammifères (castors, rats musqués, souris...).
Les loups vivent en meute. Seuls le mâle et la femelle dominants de la meute se reproduisent. Au printemps, après deux mois de gestation, la louve donne naissance à une portée de 5-6 louveteaux. Ils atteignent leur maturité sexuelle à l’âge de 2 et 3 ans. Leur durée de vie est estimée à environ dix ans en milieu naturel.
Les deux sexes peuvent quitter leur groupe natal soit temporairement soit définitivement. Ces dispersions ont lieu principalement entre 12 et 24 mois de leur vie. La distance de dispersion peut varier et dépend principalement des conditions environnementales et de la motivation de la dispersion. Généralement, la compétition pour la nourriture, la maturité sexuelle ou même l’évitement de la consanguinité seraient les facteurs susceptibles de déclencher la dispersion.
3. Recherches effectuées au Parc de la Mauricie sur le Loup
Deux meutes de loups occupent le parc national ; cependant la taille du parc, inférieure à la superficie du territoire normale du loup ne permet pas de les protéger complètement. Les loups sont donc souvent victimes lors de leurs déplacements hors des limites du parc du piégeage, de la chasse et du braconnage.
3.1 Procédure
Afin de mieux cerner le comportement du loup une étude au sein du parc a été effectuée de 2000 à 2003.
En collaboration avec l’Université de Sherbrooke et la société de la faune et des parcs du Québec, 16 loups et 6 coyotes ont été munis de colliers émetteurs afin de suivre leurs déplacements à l’aide de la télémétrie.
La capture des animaux, la prise de données sur les animaux, les suivis de pistes, les séances de hurlements et la récolte de fèces furent les principaux travaux effectués durant ces années. De plus, des échantillons de sang ont été prélevés afin d’avoir une fiche d’identité de chaque individu.
3.2 Résultats
Bien qu’il semblerait qu’il y ait assez de proies pour répondre aux besoins des deux meutes, permettant même une croissance de population, la situation du loup n’en reste pas moins inquiétante. Lors des déplacements hors du parc, les loups sont piégés, tués à un rythme qui pourrait entrainer leur disparition. Le parc est entouré de territoires où la capture de loup est permise.
Un taux important de décès durant l’hiver a été observé. La taille moyenne des meutes, estimée à 7,7 loups en octobre, a diminué au cours de l’hiver pour atteindre une moyenne de 3,6 loups en mars. Idéalement, une meute devrait être constituée d’une dizaine de loups.
Des 16 loups munis d’un collier émetteur, 9 ont été piégés La mortalité annuelle due au piégeage a été de 32,8 %. Les animaux furent tous piégés hors du parc.
Les cause de décès seraient donc principalement d’origine humaine plutôt que liée à des facteurs naturels.
Le suivi des loups a démontré qu’une seule meute utilise le parc de façon permanente, 74% de son territoire se trouve à l’intérieur des limites du parc et que l’autre meute l’utilise d’avantage en hiver exploitant seulement 19% du territoire.

- Carte de la répartition du loup de l’Est dans la parc de la Mauricie (P.N.L.M)
- La meute de l’Est et la meute de l’Ouest occupe le P.N.L.M
Photo : Parcs Canada
Il est donc évident que la faible superficie du parc ne peut assurer une protection complète du loup Mauricien.
De plus au sein du parc, le loup semble être dérangé par l’augmentation de visiteurs durant l’été et évite donc les zones à haute fréquentation humaine, cependant cela ne semble pas affecté leur survie. Les sites d’élevage (tanières, sites de rendez-vous) sont cruciaux. Une seule tanière est connue au sein de parc située hors des zones aménagées pour les visiteurs mais cela ne semble pas être de même pour les sites de rendez-vous qui pourraient se trouver dans des secteurs accessibles au public. Ces sites, qui servent de refuges aux louveteaux quand les adultes partent à la chasse sont importants pour le maintien de l’espèce.
3.3 Mesures
Suite à cette étude,des mesures pour assurer la survie du loup ont été prises :
notamment l’élaboration d’une stratégie de conservation pour assurer la protection de loup de l’est à l’intérieur et à l’extérieur du parc.
Il a été proposé de créer une zone tampon autour du parc afin de mieux les protéger.
mais aussi de continuer la surveillance des deux meutes afin de connaitre les effets à long terme des activités humaines sur ces populations.
et finalement la mise en place d’un programme d’éducation.
Actuellement, avec la collaboration d’Info-Nature Mauricie, le parc propose des expositions, des activités d’interprétation, des publications et des conférences sur le loup de l’Est. Une trousse éducative est aussi disponible pour les jeunes.
Ce programme d’éducation vise à sensibiliser les jeunes et moins jeunes de l’importance du loup dans la régulation de l’équilibre de l’écosystème Mauricien.
En effet le loup, étant un superprédateur, joue un rôle primordial dans la dynamique des populations.
4. Importance du Loup dans un écosystème
4.1 Superprédateur
Le loup est un superprédateur, c’est à dire qu’il est un prédateur, qui une fois à l’âge adulte se trouve au sommet de la chaîne alimentaire et n’est alors la proie d’aucune autre espèce animale.
Les superprédateurs jouent au sein des écosystèmes un rôle fondamental en terme de dynamique des populations.
4.2 Rôle écologique
Tuer les prédateurs inférieurs
Réguler les populations de leurs espèces-proies
Limiter les pullulations et à stabiliser les populations de leurs proies
Stimuler la productivité des proies
Fournir de la nourriture aux charognards
Par le biais de la sélection naturelle, en éliminant en priorité les animaux les plus faibles, le loup joue un rôle sanitaire important.
Via le contrôle des herbivores, ils ont aussi des effets importants, indirects et étendus sur les caractéristiques de l’écosystème, y compris sur le paysage végétal.
Si le loup venait à disparaitre de l’écosystème Mauricien cela entraînerait un développement anormalement élevé des populations de cerfs de Virginie, d’orignaux et de castors. Cela entraînerait des impacts négatifs non seulement sur les herbivores eux-mêmes, mais aussi sur la végétation dont ils se nourrissent et sur d’autres animaux de l’écosystème. En effet, en étant trop nombreux, ils peuvent épuiser eux-mêmes leurs sources de nourriture et faire disparaître certaines espèces animales moins compétitives.
Les loups contribuent donc à préserver la diversité et la richesse de la végétation, à maintenir une intégrité écologique de l’ensemble de l’écosystème forestier.
On peut dorénavant comprendre que le loup considéré longtemps uniquement comme une menace pour le bétail ou un compétiteur direct pour les espèces fauniques joue un rôle écologique primordial d’où l’importance de le préserver.

- Loup : gardien de l’équilibre
- Un loup dans la balance ! Prédateur au sommet de la chaîne alimentaire, le loup maintient les populations d’herbivores dont il se nourrit à un niveau acceptable.
Photo : Amélie Villemure
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5. Références
| Parc national du Canada de la Mauricie (16 décembre 2009). Récupéré depuis le site Parcs Canada. | |
| Parc national de la Mauricie (26 février 2010). Récupéré depuis le site Wikipédia. | |
| Parc national du Canada de la Mauricie : Une faune typique et varié. (6 août 2009). Site web de Parcs Canada. | |
| Parc national du Canada de la Mauricie : Un lieu propice pour les oiseaux. (6 août 2009). Site web de Parcs Canada. | |
| Le loup de l’Est (20 août 2009). Récupéré depuis le site Wikipédia. | |
| Super prédateur (8 mars 2010). Récupéré depuis le site Wikipédia. | |
| Espèce en péril (8 mai 2009). Récupéré depuis le site Parcs Canada. | |
| Villemure, M. Écologie et conservation du loup dans la région du parc national de la Mauricie (mai 2003). Version électronique récupéré sur le site www.carnivoreconservation.org. | |
| Parc national de la Mauricie ; journal intime d’un loup ! (6 août 2009). Récupéré depuis le site Parcs Canada. | |
| Zone Jeunesse (20 novembre 2007). Récupéré depuis le site Parcs Canada. | |
| Ontario Ministry of Natural Resources (June 2005). Backgrounder on wolf conservation in Ontario. Récupéré depuis le site www.web2.mnr.gov.on.ca. | |
| Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (Juin 2005). Stratégie pour la conservation des loups en Ontario. Récupéré depuis le site www.web2.mnr.gov.on.ca. | |
| Carte du Parc national de la Mauricie (29 mars 2009). Récupéré depuis le site Parcs Canada. | |
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date de publication : 19 avril 2010,
date de dernière mise à jour : 19 avril 2010
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